Les revenus d’une location meublée supportent toujours un prélèvement social, mais sa nature change avec le montant des recettes. En dessous d’un certain seuil, il s’agit de prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, calculés par l’administration fiscale. Au-delà, le loueur verse des cotisations sociales, comme un travailleur indépendant.
Pour les meublés de tourisme, les règles diffèrent en outre selon que le logement est classé ou non, et elles ont évolué entre 2025 et 2026.
L’essentiel
- Jusqu’à 23 000 € de recettes annuelles, la location relève de la gestion du patrimoine privé : seuls les prélèvements sociaux, au taux de 18,6 %, sont dus.
- Au-delà de 23 000 €, le loueur de meublé de tourisme doit s’inscrire et verser des cotisations sociales.
- En 2026, le loueur d’un meublé non classé relève alors du régime des travailleurs indépendants ; celui d’un meublé classé peut relever du régime micro-entrepreneur.
- Les revenus soumis à cotisations se déclarent dans des cases spécifiques de la 2042 C PRO, pour ne pas supporter deux fois les prélèvements.
Jusqu’à 23 000 € : les prélèvements sociaux
Lorsque les recettes annuelles ne dépassent pas 23 000 €, l’Urssaf considère que la location relève de la gestion du patrimoine privé. Aucune cotisation sociale n’est due, mais le revenu net est soumis aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.
Depuis l’imposition des revenus 2025, leur taux est de 18,6 % pour les locations meublées non professionnelles, contre 17,2 % pour les revenus fonciers. Ils sont calculés automatiquement par l’administration fiscale sur le revenu déclaré, après abattement au micro-BIC ou sur le bénéfice au régime réel.
Le loueur n’a aucune démarche particulière à accomplir : il lui suffit de déclarer ses recettes dans les cases habituelles, présentées dans le guide déclarer ses revenus Airbnb aux impôts.
Au-delà de 23 000 € : les cotisations sociales
Au-delà de 23 000 € de recettes, la location devient professionnelle au sens de la sécurité sociale. Le loueur doit s’inscrire sur le guichet unique des formalités d’entreprises et verser des cotisations sociales, qui ouvrent en contrepartie des droits, notamment à la retraite.
Ce seuil social ne doit pas être confondu avec le statut fiscal de loueur professionnel, qui suppose en outre que les recettes dépassent les autres revenus d’activité du foyer. La distinction est expliquée dans le chapitre LMNP ou LMP.
Les règles applicables aux recettes 2026
Pour les recettes 2026, le régime de cotisation d’un meublé de tourisme dépend de son classement.
| Recettes 2026 | Meublé de tourisme non classé | Meublé de tourisme classé |
|---|---|---|
| Jusqu’à 23 000 € | Prélèvements sociaux | Prélèvements sociaux |
| De 23 000 € à 83 600 € | Travailleurs indépendants ; option pour le régime général sous les conditions des articles L. 611-1, 6° et L. 311-3, 35° du code de la sécurité sociale | Micro-entrepreneur, avec option possible pour le régime général, si les recettes 2024 ou 2025 n’ont pas dépassé 77 700 € ; à défaut, travailleur indépendant |
| Au-delà de 83 600 € | Régime des travailleurs indépendants | Régime des travailleurs indépendants |
Le régime du micro-entrepreneur suppose une déclaration mensuelle ou trimestrielle des recettes. Le régime des travailleurs indépendants calcule les cotisations sur le bénéfice. Le classement, qui ouvre la voie au régime micro-entrepreneur, est décrit dans le chapitre meublé classé ou non classé.
Combien de cotisations pour un meublé de tourisme classé en micro-entrepreneur ?
Pour la location de logements meublés de tourisme, le montant des cotisations sociales du micro-entrepreneur est égal à 6 % du chiffre d’affaires. Ce taux forfaitaire inclut l’ensemble des cotisations et contributions sociales, y compris la contribution à la formation professionnelle.
À titre de comparaison, le taux applicable à la location meublée de longue durée exercée sous ce régime est de 21,2 %. Le taux réduit de 6 % ne concerne donc que les meublés de tourisme, et, depuis le 1er janvier 2026, seuls les meublés classés peuvent relever de ce régime.
| Exemple hypothétique : meublé classé, 30 000 € de recettes en 2026 | Montant |
|---|---|
| Cotisations sociales en micro-entrepreneur (6 % des recettes) | 1 800 € |
| Pour mémoire : prélèvements sociaux de 18,6 % sur le revenu après abattement de 50 %, s’ils étaient applicables | 2 790 € |
Les revenus soumis à cotisations n’étant pas soumis une seconde fois aux prélèvements sociaux, le régime micro-entrepreneur peut se révéler moins coûteux pour un meublé classé. Les cotisations ouvrent en outre des droits sociaux, contrairement aux prélèvements sur les revenus du patrimoine.
Pour un meublé non classé relevant du régime des travailleurs indépendants, les cotisations sont calculées sur le bénéfice, selon des taux fixés chaque année : le simulateur de l’Urssaf permet d’en estimer le montant.
Comment s’inscrire et déclarer ses recettes à l’Urssaf ?
Le loueur qui dépasse 23 000 € de recettes s’inscrit sur le guichet unique des formalités d’entreprises, en indiquant le régime social choisi lorsque plusieurs lui sont ouverts. Cette formalité est distincte de la déclaration de la cotisation foncière des entreprises, qui suit sa propre procédure.
Le micro-entrepreneur déclare ensuite son chiffre d’affaires en ligne à l’Urssaf, chaque mois ou chaque trimestre selon l’option retenue. La première déclaration intervient au plus tôt trois mois après le début de l’activité.
Une erreur fréquente consiste à apprécier le seuil de 23 000 € sur le revenu après abattement : il porte sur les recettes annuelles. Une autre consiste à conserver un régime micro-entrepreneur ouvert en 2025 pour un meublé non classé, alors que ce régime ne lui est plus accessible depuis le 1er janvier 2026.
Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu
Le micro-entrepreneur peut aussi acquitter son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations, par un versement libératoire de 1,7 % du chiffre d’affaires pour les locations meublées et chambres d’hôtes. L’option suppose que le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année n’excède pas un plafond lié au barème de l’impôt.
Elle se demande auprès de l’Urssaf au plus tard le 30 septembre pour l’année suivante, ou jusqu’au dernier jour du troisième mois suivant le début de l’activité. En l’absence de recettes sur une période, aucun paiement n’est dû, mais la déclaration mensuelle ou trimestrielle reste obligatoire.
Les règles applicables aux recettes 2025
Pour les recettes 2025, entre 23 000 € et 77 700 €, le loueur d’un meublé de tourisme, classé ou non, pouvait choisir entre trois régimes : micro-entrepreneur, travailleur indépendant ou régime général de la sécurité sociale. Au-delà de 77 700 €, il relevait du régime des travailleurs indépendants.
Le régime général est accessible par le service « économie collaborative » de l’Urssaf, qui propose également un simulateur de cotisations. Les taux applicables étant fixés par l’Urssaf et susceptibles d’évoluer, il convient de s’y référer avant toute décision.
L’Urssaf a confirmé, dans une actualité du 4 novembre 2025, la fin du régime micro-entrepreneur pour les meublés de tourisme non classés à compter du 1er janvier 2026, et son maintien, sous conditions, pour les meublés classés.
L’option pour le régime général, accessible par le service « économie collaborative », est distincte du régime micro-entrepreneur. L’article L. 611-1, 6° du code de la sécurité sociale la prévoit pour les loueurs de locaux meublés à une clientèle de passage, sans la réserver aux meublés classés.
L’article L. 311-3, 35° l’ouvre lorsque les recettes ne dépassent pas le seuil de l’article 102 ter du code général des impôts : les cotisations sont alors calculées sur les recettes diminuées d’un abattement de 60 %, porté à 87 % pour les meublés de tourisme classés.
La fiche Service-Public consacrée aux cotisations des loueurs présente une synthèse plus restrictive pour les meublés non classés. Avant de s’inscrire, il est utile de faire confirmer sa situation par l’Urssaf ; les conditions du régime micro-entrepreneur, décrites plus haut, ne se transposent pas automatiquement à cette option.
La déclaration fiscale des revenus soumis à cotisations
Les revenus ayant supporté des cotisations sociales ne doivent pas être soumis une seconde fois aux prélèvements sociaux. Ils se déclarent dans des cases distinctes de la 2042 C PRO : 5NJ, 5NK ou 5NL au micro-BIC, selon la nature du meublé, et 5NM au régime réel.
Le détail de ces cases figure dans le guide du formulaire 2042 C Pro. L’ensemble des prélèvements pesant sur une location est récapitulé dans la page fiscalité Airbnb 2026.
Questions fréquentes
Le seuil de 23 000 € s’apprécie-t-il par logement ?
Non. Il porte sur les recettes annuelles tirées de l’activité de location, tous logements confondus.
Une location meublée à l’année obéit-elle aux mêmes règles ?
Non. Pour la location meublée de longue durée, les règles diffèrent : en 2025, l’obligation de cotiser au-delà de 23 000 € ne s’appliquait que si les recettes dépassaient aussi les autres revenus d’activité du foyer. La fiche F34102 de Service-Public détaille ces cas.
Que se passe-t-il si un loueur ne s’est pas inscrit alors qu’il dépassait le seuil ?
Il lui appartient de régulariser sa situation en s’inscrivant sur le guichet unique, puis de se rapprocher de l’Urssaf pour les périodes concernées.
Quel est le taux de cotisations d’un meublé classé en micro-entrepreneur ?
Le taux est de 6 % du chiffre d’affaires pour la location de logements meublés de tourisme. Il couvre l’ensemble des cotisations et contributions sociales du micro-entrepreneur. Depuis le 1er janvier 2026, ce régime est réservé aux meublés de tourisme classés, sous réserve que les recettes 2024 ou 2025 n’aient pas dépassé 77 700 €. Les recettes se déclarent chaque mois ou chaque trimestre à l’Urssaf.
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Sources
- Service-Public, fiche F34102, « Location meublée : cotisations sociales », vérifiée le 20 février 2026
- Service-Public, fiche F2329, « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement », vérifiée le 30 juin 2026
- Service-Public, fiche F32744, « Impôt sur le revenu – Revenus d’une location meublée », vérifiée le 15 avril 2026
- impots.gouv.fr, formulaire 2042 C PRO, brochure pratique de la déclaration des revenus 2025
- Urssaf, « Économie collaborative », location de meublés de tourisme
- impots.gouv.fr, « Régime des locations meublées – foire aux questions », mars 2026
- Urssaf, actualité du 4 novembre 2025, « Auto-entrepreneur loueur en meublé : le point sur les changements »
- Code de la sécurité sociale, article L. 611-1, 6°, Légifrance
- Code de la sécurité sociale, article L. 311-3, 35°, Légifrance
- Service-Public Entreprendre, fiche F36232, « Cotisations sociales du micro-entrepreneur », vérifiée le 1er janvier 2026
- economie.gouv.fr, « Micro-entreprise : comment fonctionne le versement libératoire de l’impôt sur le revenu ? », 1er avril 2026
Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles publiées par l’administration à la date de mise à jour ; elles peuvent être modifiées par les lois de finances ultérieures, notamment par la loi de finances pour 2027 en cours d’examen.






