Meublé de tourisme classé ou non classé : la différence en chiffres

Guide de la location saisonnière › Fiscalité — Mis à jour le 24 octobre 2026. Règles applicables aux revenus 2026.

Depuis la loi du 19 novembre 2024, la fiscalité des meublés de tourisme distingue nettement les logements classés de ceux qui ne le sont pas. Le classement, qui reste une démarche volontaire, est devenu le premier levier de réduction de l’impôt pour un loueur au régime micro-BIC.

Cette page chiffre l’écart entre les deux situations et décrit la procédure à suivre pour obtenir le classement.

L’essentiel

  • Un meublé classé bénéficie d’un abattement de 50 % au micro-BIC jusqu’à 83 600 € de recettes en 2026 ; un meublé non classé, de 30 % jusqu’à 15 000 €.
  • Le classement modifie aussi le tarif de la taxe de séjour, le régime des cotisations sociales au-delà de 23 000 € et l’accès à certaines exonérations locales.
  • Il est délivré par un organisme évaluateur, après une visite fondée sur une grille de 133 critères, pour une durée de cinq ans.
  • La démarche est payante, à un tarif fixé librement par chaque organisme.

L’écart sur l’impôt sur le revenu

Au régime micro-BIC, le loueur d’un meublé de tourisme classé déclare ses recettes en case 5NG et bénéficie d’un abattement de 50 %. Le loueur d’un meublé non classé les déclare en case 5NH, avec un abattement de 30 %.

CritèreMeublé non classéMeublé classé
Abattement micro-BIC30 %50 %
Seuil micro-BIC, revenus 202515 000 €77 700 €
Seuil micro-BIC, revenus 202615 000 €83 600 €
Case de la 2042 C PRO5NH5NG
Source : impots.gouv.fr, fiche « Location meublée » ; BOFiP, BOI-BAREME-000044.

Pour un meublé non classé, le régime réel devient donc obligatoire lorsque les recettes dépassent 15 000 € à la fois l’année précédente et l’avant-dernière année, le seuil s’appréciant sur ces années de référence ; un dépassement isolé ne suffit pas. Le choix entre les régimes est analysé dans le comparatif micro-BIC ou régime réel.

Exemple chiffré : 14 000 € de recettes

Un loueur non professionnel, dont la tranche marginale d’imposition est de 30 %, encaisse 14 000 € de loyers en 2026 et reste au micro-BIC.

PosteNon classéClassé
Abattement4 200 € (30 %)7 000 € (50 %)
Revenu net imposable9 800 €7 000 €
Impôt sur le revenu (30 %)2 940 €2 100 €
Prélèvements sociaux (18,6 %)1 823 €1 302 €
Total4 763 €3 402 €
Calcul indicatif, hors CFE, taxe foncière et effet de la décote.

Le classement réduit ici la charge fiscale et sociale de 1 361 € par an. La déclaration correspondante est détaillée dans le guide déclarer ses revenus Airbnb aux impôts.

Que se passe-t-il en cas de dépassement du seuil de 15 000 € ?

Les seuils du micro-BIC ne s’apprécient pas logement par logement. Selon l’administration fiscale, le loueur doit globaliser les recettes de l’ensemble de ses locations meublées pour vérifier s’il reste sous la limite applicable.

Un dépassement ponctuel n’entraîne pas de changement immédiat : le régime micro-BIC continue de s’appliquer si le seuil n’est franchi qu’une seule année. Le passage au régime réel ne devient obligatoire qu’après deux années consécutives de dépassement, appréciées sur les années N-2 et N-1.

Exemple : un loueur d’un meublé non classé qui encaisse 17 000 € en 2025 puis 16 500 € en 2026 relève du régime réel pour ses revenus de 2027. Il en informe son service des impôts des entreprises par la messagerie sécurisée de son espace professionnel et perd, le cas échéant, le bénéfice du versement forfaitaire libératoire.

Le même loueur, s’il obtient le classement de son logement, relève du seuil de 83 600 € applicable aux revenus 2026 : le classement permet alors de conserver le micro-BIC à un niveau de recettes bien supérieur.

Le classement est-il rentable pour un loueur ?

Le coût de la visite de classement est fixé librement par chaque organisme évaluateur. Il se compare à un gain fiscal annuel, puisque la décision de classement vaut cinq ans.

Exemple hypothétique : pour une visite facturée 250 €, le loueur de l’exemple ci-dessus, qui économise 1 361 € par an, amortit la dépense dès la première année. Sur cinq ans, l’avantage cumulé dépasse 6 500 €, avant éventuels travaux de mise aux normes de la grille.

Les situations où l’intérêt est moindre

Au régime réel, aucun abattement forfaitaire ne s’applique : le résultat imposable découle des charges et amortissements réellement constatés, que le logement soit classé ou non. Le classement conserve alors ses effets sur la taxe de séjour, les cotisations sociales et les impôts locaux, mais plus sur l’impôt sur le revenu.

Les chambres d’hôtes bénéficient déjà, sans classement, de l’abattement de 50 % et du seuil de 83 600 €. Un gîte, en revanche, n’obtient ces avantages que s’il est officiellement classé en meublé de tourisme. Les différences entre ces formes d’hébergement sont présentées dans le chapitre gîte, chambre d’hôtes ou meublé de tourisme.

Les erreurs à éviter

Une première erreur consiste à déclarer les recettes en case 5NG alors que le classement a expiré : la décision de classement étant valable cinq ans, sa date d’échéance doit être suivie. Une autre erreur consiste à oublier que les seuils portent sur l’ensemble des locations meublées du loueur, y compris une location meublée de longue durée.

Les autres effets du classement

La taxe de séjour

Un meublé classé est soumis à un tarif fixe de taxe de séjour par personne et par nuitée, voté par la commune dans une fourchette fixée par la loi.

Un meublé non classé se voit appliquer un tarif proportionnel, compris entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée hors taxes, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité.

CatégorieTarif minimum 2026Tarif maximum 2026
5 étoiles0,70 €3,60 €
4 étoiles0,70 €2,60 €
3 étoiles0,50 €1,70 €
2 étoiles0,30 €1,00 €
1 étoile0,20 €0,80 €
Non classéde 1 % à 5 % du prix de la nuitée hors taxes
Source : Service-Public Entreprendre, fiche F31635. Tarifs par personne et par nuitée, hors taxes additionnelles.

Exemple hypothétique : dans une commune qui a voté un tarif de 1,50 € pour les meublés classés trois étoiles, un séjour de quatre nuits pour deux adultes donne lieu à 12 € de taxe de séjour, hors taxes additionnelles. Pour un meublé non classé, le montant varie avec le prix de la nuitée et le taux adopté par la commune. Les règles de collecte sont détaillées dans le chapitre taxe de séjour : obligations du loueur.

Les cotisations sociales

Au-delà de 23 000 € de recettes en 2026, le loueur d’un meublé non classé relève du régime des travailleurs indépendants. Celui d’un meublé classé peut relever du régime micro-entrepreneur, avec la possibilité d’opter pour le régime général, si ses recettes 2024 ou 2025 n’ont pas dépassé 77 700 €. Les règles sont détaillées dans le chapitre cotisations sociales et Urssaf.

Les impôts locaux

Pour la CFE, l’avantage du classement est limité : la location de tout ou partie de l’habitation personnelle du loueur est exonérée sauf délibération contraire de la commune, que le meublé soit classé ou non, et un logement réservé exclusivement à la location ne bénéficie pas de ces exonérations liées à l’habitation personnelle, sous réserve des exonérations générales présentées dans le chapitre CFE et location saisonnière.

Les communes peuvent en outre exonérer de taxe d’habitation les meublés classés et les chambres d’hôtes : cette faculté, réservée en 2026 aux zones France Ruralités Revitalisation, est étendue à toutes les communes à partir de 2027.

Ces mécanismes sont précisés dans les chapitres CFE et location saisonnière et taxe d’habitation et taxe foncière.

Les chèques-vacances

Selon la direction générale des entreprises, le classement permet au loueur d’adhérer à l’Agence nationale pour les chèques-vacances et d’accepter ce moyen de paiement.

Comment obtenir le classement

Le classement des meublés de tourisme est attribué de une à cinq étoiles par un organisme évaluateur accrédité ou agréé, après une visite fondée sur une grille de 133 critères. La démarche est payante, le loueur dispose de quinze jours pour refuser la proposition, et la décision vaut cinq ans. La procédure complète est décrite dans le chapitre classement en meublé de tourisme : critères, procédure et durée.

Questions fréquentes

Le classement est-il obligatoire pour louer sur Airbnb ?

Non. Il reste volontaire. Un meublé non classé peut être loué dans les mêmes conditions, mais il ne bénéficie pas des avantages fiscaux décrits ci-dessus.

À partir de quand l’abattement de 50 % s’applique-t-il ?

L’abattement suppose un classement en cours de validité. Pour l’exonération de CFE, le classement ne produit ses effets qu’à compter du 1er janvier de l’année suivant son obtention.

Le classement doit-il être renouvelé ?

Oui. La décision de classement est valable cinq ans. À son expiration, une nouvelle visite est nécessaire pour conserver le classement et les avantages qui y sont attachés.

Le seuil de 15 000 € s’apprécie-t-il pour chaque logement ?

Non. L’administration fiscale indique qu’il n’existe pas de plafond par appartement : les recettes de toutes les locations meublées du loueur sont additionnées pour apprécier le seuil du micro-BIC. Un loueur qui exploite deux meublés non classés rapportant chacun 9 000 € dépasse donc la limite de 15 000 €, et devra passer au régime réel si ce dépassement se reproduit l’année suivante.

Un loueur au régime réel a-t-il intérêt à faire classer son meublé ?

L’intérêt est moindre sur l’impôt sur le revenu, puisque le régime réel ignore les abattements forfaitaires. Le classement garde toutefois des effets sur le tarif de la taxe de séjour, sur le régime des cotisations sociales au-delà de 23 000 € de recettes et sur certaines exonérations locales. Il peut aussi sécuriser un retour ultérieur au micro-BIC avec le seuil de 83 600 €.

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Sources

Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles publiées par l’administration à la date de mise à jour ; elles peuvent être modifiées par les lois de finances ultérieures, notamment par la loi de finances pour 2027 en cours d’examen.

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