Un particulier qui loue un logement meublé sur Airbnb, Booking ou en direct relève du statut de loueur en meublé non professionnel, désigné par le sigle LMNP, dès lors qu’il ne remplit pas les deux conditions du statut professionnel. Ce statut fiscal n’exige aucune démarche d’adhésion : il découle de la nature de l’activité et du niveau des recettes.
Il emporte en revanche plusieurs obligations, et des règles particulières pour les déficits et la revente du bien.
L’essentiel
- Un loueur est non professionnel dès lors que ses recettes de location meublée ne dépassent pas 23 000 € par an, ou qu’elles restent inférieures ou égales aux autres revenus d’activité retenus pour cette comparaison.
- Il doit déclarer son activité sur le guichet unique dans les quinze jours suivant la première location, pour obtenir un numéro SIRET.
- Ses revenus sont imposés dans la catégorie des BIC, au micro-BIC ou au réel, et ses déficits ne s’imputent que sur les bénéfices de même nature des dix années suivantes.
- À la revente, il relève du régime des plus-values des particuliers.
Qui a le statut de loueur non professionnel
Le statut de loueur en meublé non professionnel s’applique à toute personne qui loue un logement meublé sans remplir les deux conditions du statut professionnel. Il suffit que l’une d’elles ne soit pas remplie : des recettes inférieures ou égales à 23 000 € par an, ou des recettes inférieures ou égales aux autres revenus d’activité du foyer retenus pour cette comparaison.
Le statut s’apprécie au niveau du foyer fiscal et vaut pour l’ensemble de ses locations meublées, qu’il s’agisse de séjours touristiques ou de locations à l’année. Les conditions et leur mode de calcul sont détaillés dans le chapitre LMNP ou LMP : le seuil de 23 000 €.
Les formalités : immatriculation et SIRET
Tout loueur en meublé, même occasionnel, doit déclarer le début de son activité sur le guichet des formalités des entreprises, dans les quinze jours qui suivent le premier jour de location. La démarche est gratuite.
Elle permet d’obtenir un numéro SIRET, à reporter sur la déclaration de revenus, et d’indiquer le régime d’imposition choisi.
L’imposition des loyers
Les loyers perçus par un loueur non professionnel sont des bénéfices industriels et commerciaux. Ils sont imposés au régime micro-BIC lorsque les recettes ne dépassent pas 15 000 € pour un meublé de tourisme non classé, ou 83 600 € dans les autres cas en 2026.
Ces plafonds s’apprécient sur les années de référence, l’année précédente ou l’avant-dernière année : un dépassement isolé n’impose pas, à lui seul, le régime réel, qui s’applique en cas de dépassement sur ces années ou sur option.
Au micro-BIC, un abattement de 30 % ou de 50 % est appliqué aux recettes. Au réel, le loueur déduit ses charges et l’amortissement de son bien. Les deux régimes sont comparés dans le chapitre micro-BIC ou régime réel.
Le revenu net supporte également des prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % depuis l’imposition des revenus 2025. Ce taux vise le cas général d’un loueur fiscalement domicilié en France, sans régime international particulier : une personne affiliée à un régime obligatoire de sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse n’acquitte notamment que le prélèvement de solidarité de 7,5 %.
Quelles obligations comptables pour un LMNP ?
Au micro-BIC, le loueur tient un livre-journal des recettes, présenté au jour le jour et dans l’ordre chronologique, qui mentionne la date d’encaissement, le mode de règlement et la référence des pièces justificatives. L’activité de fourniture de logement impose en outre un registre des achats, récapitulé par année.
Au régime réel, il tient une comptabilité complète et télétransmet chaque année une déclaration de résultats n° 2031 et ses annexes. La date limite est fixée au deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, avec un délai supplémentaire de quinze jours calendaires pour la télétransmission.
Dans les deux cas, les montants sont ensuite reportés sur la déclaration complémentaire de revenus, selon les cases présentées dans le guide du formulaire 2042 C PRO. En 2026, la déclaration en ligne des revenus 2025 devait être déposée au plus tard le 21 mai, le 28 mai ou le 4 juin selon le département.
Les outils permettant de suivre les encaissements et les dépenses sont présentés dans le chapitre comptabilité de la location saisonnière.
Les déficits : une imputation limitée
Au régime réel, les charges déductibles, comme les intérêts d’emprunt, les travaux ou les assurances, peuvent dépasser les loyers et faire apparaître un déficit. Pour un loueur non professionnel, ce déficit ne s’impute pas sur le revenu global du foyer : il s’impute exclusivement sur les bénéfices de location meublée des dix années suivantes.
L’amortissement lui-même ne peut pas créer ni accroître un déficit : sa fraction non déduite est reportée sur les exercices suivants, comme l’explique le chapitre réintégration des amortissements LMNP.
La revente du bien : le régime des particuliers
Lorsqu’il vend son logement, le loueur non professionnel relève du régime des plus-values immobilières des particuliers. La plus-value bénéficie d’abattements pour durée de détention et devient exonérée d’impôt sur le revenu après vingt-deux ans, puis de prélèvements sociaux après trente ans.
Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits au régime réel sont toutefois réintégrés dans le calcul de cette plus-value, ce qui en augmente le montant imposable.
L’impôt sur cette plus-value n’est pas calculé par voie de rôle : le notaire dépose la déclaration 2048-IMM dans le mois qui suit l’acte de vente et acquitte, à cette occasion, l’impôt et les prélèvements sociaux dus. Il appartient au vendeur de lui communiquer le montant des amortissements déduits.
Statut fiscal et cotisations sociales : deux notions distinctes
Le statut de loueur non professionnel est une notion fiscale. Il ne dispense pas, à lui seul, du paiement de cotisations sociales. Pour les meublés de tourisme, les recettes supérieures à 23 000 € par an entraînent l’obligation de cotiser, que le loueur soit fiscalement professionnel ou non.
Les régimes applicables, qui diffèrent selon le classement du logement, sont présentés dans le chapitre cotisations sociales et Urssaf.
La CFE
Comme toute activité commerciale exercée à titre habituel, la location meublée entre en principe dans le champ de la cotisation foncière des entreprises.
Plusieurs exonérations existent toutefois : l’année de création, la cotisation minimum lorsque les recettes ne dépassent pas 5 000 €, et la location de tout ou partie de l’habitation personnelle, sauf délibération contraire de la commune. Les cas d’exonération figurent dans le chapitre CFE et location saisonnière.
LMNP : récapitulatif des règles applicables en 2026
| Thème | Règle applicable |
|---|---|
| Statut | Recettes inférieures ou égales à 23 000 €, ou aux autres revenus d’activité du foyer |
| Formalité | Déclaration sur le guichet unique dans les quinze jours suivant la première location, numéro SIRET |
| Micro-BIC | Jusqu’à 15 000 € de recettes pour un meublé de tourisme non classé (abattement de 30 %), 83 600 € dans les autres cas (abattement de 50 %) |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % du revenu net dans le cas général, tant que les cotisations sociales ne sont pas dues |
| Déficit | Imputable sur les bénéfices de location meublée des dix années suivantes |
| Revente | Plus-values des particuliers, avec réintégration des amortissements déduits depuis le 15 février 2025 |
| CFE | Due en principe, sauf exonération |
Questions fréquentes
Faut-il créer une société pour être LMNP ?
Non. Le statut s’applique à une personne physique qui loue en direct. L’immatriculation sur le guichet unique ne crée pas de société : elle enregistre une activité exercée en nom propre.
Un loueur qui ne loue que quelques semaines par an est-il LMNP ?
Oui, dès lors qu’il loue un logement meublé. Les obligations d’immatriculation et de déclaration s’appliquent quelle que soit la durée de location.
Le statut LMNP dispense-t-il des règles locales sur les meublés de tourisme ?
Non. Le statut fiscal est indépendant des obligations prévues par le code du tourisme, comme la déclaration en mairie, le numéro d’enregistrement ou la collecte de la taxe de séjour.
Dans un couple, les locations sont-elles déclarées ensemble ?
Le statut s’apprécie au niveau du foyer : les recettes de tous ses membres sont additionnées pour vérifier le seuil de 23 000 €. Sur la déclaration complémentaire, en revanche, chaque déclarant reporte les recettes de ses propres locations dans la colonne qui lui correspond.
Les revenus d’un LMNP sont-ils préremplis sur la déclaration ?
En partie. Les plateformes transmettent chaque année à l’administration les sommes versées à leurs utilisateurs, et ces informations sont préremplies dans la déclaration de revenus. Le ministère de l’Économie précise qu’elles peuvent être incomplètes : les réservations encaissées en direct, notamment, doivent être ajoutées par le loueur.
Un LMNP doit-il facturer la TVA ?
En principe, non : la location meublée à usage d’habitation est exonérée de TVA. Elle n’y devient soumise que si le loueur propose des séjours de trente jours au plus et au moins trois des quatre services para-hôteliers, à savoir le petit-déjeuner, le nettoyage régulier, la fourniture du linge et la réception de la clientèle.
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Sources
- Service-Public, fiche F32744, « Impôt sur le revenu – Revenus d’une location meublée », vérifiée le 15 avril 2026
- BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-40-10, location meublée, caractère professionnel de l’activité, version du 15 avril 2026
- BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-40-20, location meublée, régime fiscal, version du 19 août 2026
- impots.gouv.fr, « Location meublée », fiche particuliers, mise à jour du 23 avril 2026
- impots.gouv.fr, « Régime des locations meublées – foire aux questions », mars 2026
- Service-Public, fiche F34102, « Location meublée : cotisations sociales », vérifiée le 20 février 2026
- Service-Public, fiche F10864, « Plus-value immobilière », vérifiée le 15 avril 2026
- Service-Public Entreprendre, fiche F23547, « Cotisation foncière des entreprises (CFE) », vérifiée le 2 avril 2026
- Code général des impôts, article 155, IV (loueur en meublé professionnel), Légifrance
- Code général des impôts, article 50-0 (régime des micro-entreprises), Légifrance
- Service-Public, fiche F2329 (prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine), vérifiée le 30 juin 2026
- BOFiP, BOI-BIC-DECLA-30-30, obligations fiscales et comptables du régime des micro-entreprises, § 10 à 40
- BOFiP, BOI-BIC-DECLA-30-20-10, obligations déclaratives du régime réel simplifié, version du 19 août 2026
- economie.gouv.fr, « Impôt sur le revenu : le calendrier de la déclaration en 2026 », 9 avril 2026
- economie.gouv.fr, « Économie collaborative : comment déclarer vos revenus ? », mise à jour du 28 avril 2026
- BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, hébergement parahôtelier et locations meublées, version du 26 mars 2025
- impots.gouv.fr, notice 2048-IMM, déclaration des plus-values immobilières, millésime 2026
Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles publiées par l’administration à la date de mise à jour ; elles peuvent être modifiées par les lois de finances ultérieures, notamment par la loi de finances pour 2027 en cours d’examen.






