Louer un logement meublé sur Airbnb, Booking ou Abritel déclenche plusieurs prélèvements distincts, qui ne relèvent pas tous de la même administration. Certains s’appliquent dès le premier euro, d’autres seulement au-delà d’un seuil, d’autres encore dépendent de la commune.
Cette page dresse l’inventaire des prélèvements auxquels un loueur particulier est exposé en 2026, et renvoie pour chaque prélèvement vers le chapitre du guide qui le détaille.
L’essentiel
- Les loyers sont soumis à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des BIC, après un abattement de 30 % (meublé non classé) ou de 50 % (meublé classé) au régime micro-BIC.
- Le revenu net supporte en outre 18,6 % de prélèvements sociaux, tant que les recettes ne dépassent pas 23 000 € par an. Ce taux vise le cas général d’un loueur fiscalement domicilié en France, sans régime international particulier : une personne affiliée à un régime obligatoire de sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse n’acquitte notamment que le prélèvement de solidarité de 7,5 %.
- Au-delà de 23 000 €, les prélèvements sociaux sont remplacés par des cotisations sociales versées à l’Urssaf.
- S’ajoutent, selon les cas, la CFE, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et la taxe foncière. La taxe de séjour au réel est payée par les voyageurs et collectée pour la commune ; au forfait, elle est due par le loueur.
L’impôt sur le revenu : des BIC imposés après abattement
Les revenus d’une location meublée relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers réservés à la location vide. Ils s’ajoutent aux autres revenus du foyer et sont imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Au régime micro-BIC, l’administration applique un abattement forfaitaire sur les recettes brutes, censé couvrir l’ensemble des charges. Depuis la loi du 19 novembre 2024, son taux dépend du classement du logement.
| Type de logement | Seuil micro-BIC 2026 | Abattement |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 30 % |
| Meublé de tourisme classé, chambre d’hôtes | 83 600 € | 50 % |
Hors option pour le réel et autres cas d’exclusion, ces plafonds s’apprécient sur les années de référence, l’année précédente ou l’avant-dernière année : un dépassement isolé n’impose donc pas immédiatement le régime réel.
En cas de dépassement sur ces années, ou sur option, le loueur relève du régime réel, qui permet de déduire les charges effectivement supportées et l’amortissement du bien. Le choix entre les deux régimes est analysé dans le comparatif micro-BIC ou régime réel.
Les montants se déclarent sur le formulaire complémentaire 2042 C PRO. Les cases à remplir sont détaillées dans le guide déclarer ses revenus Airbnb aux impôts.
Prélèvements sociaux ou cotisations sociales
Tant que les recettes annuelles restent inférieures ou égales à 23 000 €, la location est considérée comme une gestion de patrimoine privé. Le revenu net imposable supporte alors des prélèvements sociaux, calculés par l’administration fiscale en même temps que l’impôt.
Leur taux est de 18,6 % pour les locations meublées non professionnelles depuis l’imposition des revenus 2025, la CSG ayant été relevée à 10,6 % sur ces revenus. Les revenus fonciers restent, eux, soumis au taux de 17,2 %.
Au-delà de 23 000 € de recettes, le loueur de meublé de tourisme doit s’inscrire et verser des cotisations sociales. Le régime applicable dépend du classement du logement et du montant des recettes ; il est présenté dans le chapitre cotisations sociales et Urssaf.
Les impôts locaux : CFE, taxe d’habitation, taxe foncière
La location meublée étant une activité commerciale, elle entre en principe dans le champ de la cotisation foncière des entreprises (CFE).
Plusieurs exonérations existent : l’année de création, la cotisation minimum lorsque les recettes ne dépassent pas 5 000 €, ou la location de tout ou partie de l’habitation personnelle, sauf délibération contraire de la commune. Elles sont décrites dans le chapitre CFE et location saisonnière.
Lorsque le propriétaire se réserve l’usage du logement une partie de l’année, il reste redevable de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. La taxe foncière, enfin, est due par le propriétaire au 1er janvier, que le bien soit loué ou non.
Les règles d’articulation entre ces taxes sont précisées dans le chapitre taxe d’habitation et taxe foncière.
La taxe de séjour : au réel ou au forfait
Dans le régime dit au réel, la taxe de séjour est due par les voyageurs. Le loueur la collecte et la reverse à la commune, sauf lorsque la réservation passe par une plateforme intermédiaire de paiement pour le compte d’un loueur non professionnel : c’est alors la plateforme qui la collecte et la reverse.
Dans les autres situations, notamment pour un loueur professionnel, il faut vérifier si l’intermédiaire a été habilité à la collecter.
Au réel, elle n’entre donc pas dans les recettes du loueur. Son montant varie selon la commune et le classement du logement : un meublé non classé se voit appliquer un tarif proportionnel au prix de la nuitée, plus élevé en pratique qu’un tarif fixe.
La commune peut toutefois instituer une taxe de séjour au forfait. Le loueur en est alors lui-même redevable : elle est calculée sur la capacité d’accueil du logement, avec un abattement de 10 % à 80 % selon la durée d’ouverture, et non sur les nuitées réellement vendues.
Il peut la répercuter dans son prix, sans y être obligé. Le régime applicable s’obtient auprès de la mairie.
La TVA : une exception
La location meublée à usage d’habitation est exonérée de TVA. Elle n’y devient soumise que lorsque le loueur propose des séjours de trente jours au plus et au moins trois des quatre services para-hôteliers : petit-déjeuner, nettoyage régulier, fourniture du linge et réception de la clientèle.
Un loueur particulier qui ne propose pas ces prestations n’est donc pas concerné. Le cas des locations assimilées à de l’hôtellerie est traité dans le chapitre TVA et location saisonnière.
Ce que les plateformes déclarent à l’administration fiscale
Les opérateurs de plateformes de mise en relation par voie électronique, comme Airbnb, Booking ou Abritel, sont tenus par l’article 1649 ter A du code général des impôts de déclarer chaque année à l’administration les sommes versées à leurs utilisateurs. Cette déclaration doit être transmise au plus tard le 31 janvier de l’année suivante.
Selon le ministère de l’Économie, la plateforme adresse aussi au loueur, en janvier, un récapitulatif mentionnant notamment le nombre d’opérations réalisées et les montants perçus. Ces informations sont ensuite préremplies dans la déclaration de revenus.
Le préremplissage ne dispense pas de vérification : l’administration précise que ces informations peuvent être incomplètes. Les réservations encaissées en direct ou sur une autre plateforme n’y figurent pas, et la case retenue doit correspondre au classement du logement. Le report des montants est détaillé dans le guide du formulaire 2042 C PRO.
Quand et comment l’impôt sur les revenus Airbnb est-il payé ?
Les loyers d’une location meublée ne transitent pas par un employeur ou une caisse de retraite capable de retenir l’impôt à la source. L’impôt correspondant prend donc la forme d’acomptes, prélevés par l’administration fiscale sur le compte bancaire du loueur chaque mois ou, dans certaines conditions, chaque trimestre.
Selon Service-Public, ces acomptes sont calculés à partir des revenus déclarés l’année précédente. L’écart avec l’impôt réellement dû est régularisé après la déclaration annuelle.
En 2026, les avis d’impôt ont été mis à disposition dans l’espace en ligne entre le 24 et le 31 juillet ; un solde supérieur à 300 € est prélevé en quatre fois, du 25 septembre au 28 décembre.
Un loueur dont les recettes progressent fortement d’une année sur l’autre doit donc anticiper un solde à régler à l’automne qui suit la déclaration, les acomptes de l’année ayant été calculés sur des revenus plus faibles.
Exemple chiffré : 10 000 € de loyers
Un loueur non professionnel, dont la tranche marginale d’imposition est de 11 %, encaisse 10 000 € de loyers en 2026 pour un meublé de tourisme non classé, sans changer de régime.
| Poste | Montant |
|---|---|
| Recettes encaissées | 10 000 € |
| Abattement forfaitaire de 30 % | 3 000 € |
| Revenu net imposable | 7 000 € |
| Impôt sur le revenu (11 %) | 770 € |
| Prélèvements sociaux (18,6 %) | 1 302 € |
| Total | 2 072 € |
Le même logement, classé en meublé de tourisme, bénéficierait d’un abattement de 50 %. Le revenu imposable tomberait à 5 000 €, et le total à 1 480 €. L’écart et les conditions du classement sont détaillés dans le chapitre meublé classé ou non classé.
Questions fréquentes
Airbnb prélève-t-il l’impôt à la place du loueur ?
Non. La plateforme transmet chaque année à l’administration le montant des sommes versées à ses utilisateurs, mais elle ne prélève pas l’impôt sur le revenu. Le loueur doit déclarer lui-même ses recettes. Seule la taxe de séjour peut être collectée directement par la plateforme.
Les revenus sont-ils imposables si le logement n’est loué que quelques semaines ?
Oui. Les loyers d’un meublé sont imposables dès le premier euro, quelle que soit la durée de location. Seules les exonérations de l’article 35 bis du code général des impôts, applicables jusqu’au 31 décembre 2026, peuvent l’écarter : la location de pièces de l’habitation principale à un locataire qui en fait sa résidence principale, ou sa résidence temporaire s’il est travailleur saisonnier, et la mise à disposition habituelle du public de pièces de l’habitation principale, dans la limite de 760 € par an.
Faut-il demander un numéro SIRET pour louer sur Airbnb ?
Oui. Tout loueur en meublé doit déclarer son activité sur le guichet unique des formalités d’entreprises dans les quinze jours suivant la première location. Cette formalité est gratuite et permet d’obtenir le numéro demandé sur la déclaration de revenus.
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Sources
- impots.gouv.fr, « Location meublée », fiche particuliers, mise à jour du 23 avril 2026
- Service-Public, fiche F32744, « Impôt sur le revenu – Revenus d’une location meublée », vérifiée le 15 avril 2026
- Service-Public, fiche F34102, « Location meublée : cotisations sociales », vérifiée le 20 février 2026
- Service-Public Entreprendre, fiche F23547, « Cotisation foncière des entreprises (CFE) », vérifiée le 2 avril 2026
- Service-Public, fiche F42, « Taxe d’habitation sur les résidences secondaires », vérifiée le 24 août 2026
- Service-Public, fiche F2043, « Location meublée de tourisme », vérifiée le 21 mai 2026
- BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, hébergement parahôtelier et locations meublées, version du 26 mars 2025
- BOFiP, BOI-BAREME-000044, seuils des régimes d’imposition 2026-2028, version du 19 août 2026
- Légifrance, loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale
- Service-Public Entreprendre, fiche F743, « Taxe de séjour sur les hébergements touristiques », vérifiée le 1er janvier 2026
- Code général des impôts, article 50-0 (régime des micro-entreprises), Légifrance
- Service-Public, fiche F2329, « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement », vérifiée le 30 juin 2026
- BOFiP, BOI-INT-AEA-30-30-10, obligations déclaratives des opérateurs de plateforme (CGI, art. 1649 ter A), version du 11 janvier 2023
- economie.gouv.fr, « Économie collaborative : comment déclarer vos revenus ? », mise à jour du 28 avril 2026
- Service-Public, fiche F34009, « Impôt sur le revenu – Prélèvement à la source », vérifiée le 1er janvier 2026
- economie.gouv.fr, « Impôt sur le revenu : le calendrier de la déclaration en 2026 », 9 avril 2026
- Code général des impôts, article 35 bis (I et II, exonérations jusqu’au 31 décembre 2026), version en vigueur depuis le 31 décembre 2023, Légifrance
Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles publiées par l’administration à la date de mise à jour ; elles peuvent être modifiées par les lois de finances ultérieures, notamment par la loi de finances pour 2027 en cours d’examen.






