Déclarer ses revenus Airbnb aux impôts : le guide case par case (revenus 2025 et 2026)

Guide de la location saisonnière › Fiscalité — Mis à jour le 24 octobre 2026. Règles applicables aux revenus 2025 (déclarés en 2026) et aux revenus 2026 (déclarés en 2027), sous réserve de la loi de finances pour 2027 en cours d’examen.

Les sommes perçues en louant un logement meublé sur Airbnb, Booking, Abritel ou en direct sont imposables dès le premier euro, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).

Depuis la loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, le régime d’imposition dépend du classement du logement en meublé de tourisme, et les cases à remplir sur la déclaration ont changé. Ce guide décrit, étape par étape, comment déclarer ces revenus, dans quelle case les reporter et ce que l’administration connaît déjà de votre activité.

L’essentiel

  • Les loyers d’un meublé de tourisme sont des BIC, à déclarer sur le formulaire 2042 C PRO, même si la plateforme a déjà transmis les montants à l’administration.
  • Meublé non classé : régime micro-BIC jusqu’à 15 000 € de recettes, abattement de 30 %, case 5NH. Meublé classé ou chambre d’hôtes : micro-BIC jusqu’à 77 700 € (83 600 € pour les revenus 2026), abattement de 50 %, case 5NG.
  • Au-dessus de ces seuils, ou sur option, le régime réel s’applique : le bénéfice calculé sur la liasse 2031 est reporté en case 5NA.
  • Les revenus d’un loueur non professionnel supportent en outre des prélèvements sociaux de 18,6 % ; au-delà de 23 000 € de recettes, l’affiliation à l’Urssaf devient obligatoire. Ce taux vise le cas général d’un loueur fiscalement domicilié en France, sans régime international particulier : une personne affiliée à un régime obligatoire de sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse n’acquitte notamment que le prélèvement de solidarité de 7,5 %.

Des revenus imposables dès le premier euro, sauf deux exceptions

La location d’un logement meublé, qu’elle soit occasionnelle ou habituelle, relève de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux et non des revenus fonciers, réservés à la location nue. Cette qualification s’applique quelle que soit la plateforme utilisée, et même en l’absence de plateforme.

Le montant à prendre en compte est le total des sommes encaissées dans l’année, charges et frais de ménage refacturés compris, avant déduction de la commission de la plateforme.

L’article 35 bis du code général des impôts prévoit deux cas d’exonération, tous deux liés à l’habitation principale du loueur et applicables jusqu’au 31 décembre 2026. Le premier, prévu au II, concerne la mise à disposition habituelle du public d’une ou plusieurs pièces de l’habitation principale, par exemple à des personnes de passage : les revenus sont exonérés tant qu’ils ne dépassent pas 760 € par an.

Le second, prévu au I, concerne la location ou la sous-location en meublé d’une ou plusieurs pièces de l’habitation principale à un locataire qui y établit sa résidence principale, ou sa résidence temporaire s’il est titulaire d’un contrat de travail saisonnier, à condition que le loyer annuel reste sous un plafond par mètre carré de surface habitable fixé, pour les revenus 2026, à 215 € en Île-de-France et 159 € dans les autres régions.

Cette seconde exonération ne concerne donc pas la location touristique.

Enfin, lorsque les recettes annuelles sont inférieures à 305 €, le montant de l’abattement minimal du régime micro absorbe la totalité du revenu et aucun impôt n’est dû. Les recettes doivent néanmoins être déclarées.

Micro-BIC ou régime réel : le choix qui détermine la case

Deux régimes coexistent. Le régime micro-BIC, applicable de plein droit sous un seuil de recettes, consiste à déclarer le montant brut encaissé ; l’administration applique elle-même un abattement forfaitaire représentatif des charges, avec un minimum de 305 €.

Le régime réel, obligatoire au-dessus du seuil et accessible sur option en dessous, impose de tenir une comptabilité et de déposer une liasse fiscale (formulaire 2031 et ses annexes) auprès du service des impôts des entreprises. En contrepartie, il permet de déduire l’ensemble des charges réelles, intérêts d’emprunt et amortissements compris.

Depuis la loi Le Meur, le seuil et le taux d’abattement du micro-BIC dépendent de la nature du meublé. Le tableau ci-dessous résume les valeurs applicables, telles que publiées par l’administration fiscale.

Type de locationSeuil micro-BIC, revenus 2025Seuil micro-BIC, revenus 2026Abattement
Meublé de tourisme non classé15 000 €15 000 €30 %
Meublé de tourisme classé et chambre d’hôtes77 700 €83 600 €50 %
Autre location meublée (longue durée)77 700 €83 600 €50 %
Sources : impots.gouv.fr, fiche « Location meublée » (mise à jour du 23 avril 2026) ; BOFiP, actualité du 19 août 2026 sur l’actualisation triennale des seuils.

Le seuil s’apprécie sur les recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année. Un dépassement isolé ne fait pas basculer immédiatement dans le régime réel : le micro-BIC est maintenu l’année du premier dépassement, et le réel ne devient obligatoire qu’après deux années consécutives au-dessus du seuil.

Le classement du logement en meublé de tourisme, qui s’obtient auprès d’un organisme accrédité pour une durée de cinq ans, a donc un effet direct sur l’impôt : à recettes égales, il fait passer l’abattement de 30 % à 50 % et le plafond du régime micro de 15 000 € à 77 700 €.

L’option pour le régime réel se formule auprès du service des impôts des entreprises, sur papier libre ou par la messagerie sécurisée de l’espace professionnel. Elle s’exerce au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration portant sur l’année qui précède celle visée par l’option.

Concrètement, pour être imposé au réel sur les revenus de 2027, il faut opter au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration des revenus de 2026, soit au printemps 2027. L’option vaut pour un an et se reconduit tacitement chaque année.

Un loueur qui débute son activité peut opter jusqu’à la date limite de dépôt de la déclaration de sa première année d’activité. Un loueur passé au réel de plein droit, après un dépassement de seuil, qui redevient éligible au micro-BIC doit exercer une nouvelle option s’il souhaite rester au réel. Le détail figure dans notre comparatif micro-BIC ou régime réel.

Un logement détenu en indivision ne peut pas relever du micro-BIC et relève obligatoirement du régime réel.

Dans quelle case déclarer ses revenus Airbnb

Les revenus des locations meublées se déclarent sur la déclaration complémentaire 2042 C PRO, accessible depuis la déclaration en ligne en cochant la rubrique « Revenus des locations meublées non professionnelles ».

La déclaration 2026 des revenus 2025 a introduit de nouvelles cases, qui distinguent désormais les meublés classés, les meublés non classés et les autres locations meublées.

Le numéro de case varie également selon que le revenu est perçu par le déclarant 1, le déclarant 2 ou une personne à charge. Le formulaire est présenté en détail dans le guide du formulaire 2042 C Pro.

SituationDéclarant 1Déclarant 2Personne à charge
Micro-BIC – chambres d’hôtes et meublés de tourisme classés5NG5OG5PG
Micro-BIC – meublés de tourisme non classés5NH5OH5PH
Micro-BIC – autres locations meublées5NI5OI5PI
Micro-BIC – recettes déjà soumises aux cotisations sociales par l’Urssaf (classés / non classés / autres)5NJ / 5NK / 5NL5OJ / 5OK / 5OL5PJ / 5PK / 5PL
Régime réel – bénéfice imposable5NA5OA5PA
Régime réel – bénéfice déjà soumis aux cotisations sociales par l’Urssaf5NM5OM5PM
Régime réel – déficit de l’année5NY5OY5PY
Régime réel – déficits des années antérieures non encore déduits5GA à 5GJ (une case par année, de 2015 à 2024)
Source : formulaire 2042 C PRO, brochure pratique de la déclaration des revenus 2025 (impots.gouv.fr).

En régime micro, le montant à inscrire est le montant brut des recettes, sans appliquer soi-même l’abattement : c’est l’administration qui le calcule. Le numéro SIRET de l’activité doit être renseigné dans la rubrique correspondante.

En régime réel, le bénéfice ou le déficit est celui qui ressort de la liasse 2031 déposée au préalable. Un déficit non professionnel ne s’impute que sur les bénéfices de même nature des dix années suivantes, jamais sur le revenu global du foyer.

Les loueurs qui ont le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) ne remplissent pas ces cases mais celles du cadre « Revenus industriels et commerciaux professionnels » : 5KP en micro-BIC, 5KC en régime réel pour le déclarant 1.

Ce statut s’applique lorsque les recettes annuelles du foyer dépassent à la fois 23 000 € et le montant des autres revenus d’activité du foyer (salaires, pensions, autres BIC, bénéfices agricoles et non commerciaux).

Il suffit qu’une seule de ces deux conditions ne soit pas remplie pour rester loueur non professionnel. Leur mode de calcul est expliqué dans le chapitre LMNP ou LMP.

Ce qu’Airbnb a déjà transmis à l’administration

Depuis la transposition de la directive européenne DAC 7, les plateformes de mise en relation sont tenues de transmettre chaque année à la direction générale des finances publiques le montant des sommes versées à chaque utilisateur.

Pour la location de logements, aucun seuil minimal de recettes ne dispense la plateforme de cette transmission : le seuil de 30 opérations et 2 000 € prévu par la directive ne concerne que les ventes de biens.

Trois notions doivent donc être distinguées : la transmission des données par la plateforme, l’obligation personnelle de déclarer ses recettes, qui s’applique quel que soit leur montant, et l’imposition, qui dépend du régime et du niveau des recettes.

Les plateformes doivent également adresser à chaque utilisateur, au plus tard en janvier, un récapitulatif annuel des sommes qu’il a perçues.

Ces montants peuvent apparaître dans la déclaration en ligne, dans une rubrique d’information, mais ils ne sont pas reportés automatiquement dans les cases de la 2042 C PRO. L’administration précise que les sommes communiquées par les plateformes ne sont pas nécessairement imposables et que le contribuable doit vérifier, à l’aide des fiches d’aide, celles qu’il doit déclarer.

Pour un loueur de meublé de tourisme, la réponse ne fait pas de doute : les loyers sont imposables et doivent être reportés dans la case correspondant à son régime. La transmission par la plateforme permet simplement à l’administration de rapprocher les montants déclarés de ceux qu’elle connaît.

Prélèvements sociaux et cotisations Urssaf

Le revenu net du loueur non professionnel, c’est-à-dire les recettes après abattement en micro-BIC ou le bénéfice en régime réel, supporte des prélèvements sociaux, calculés par l’administration fiscale avec l’impôt sur le revenu.

Depuis l’imposition des revenus 2025, leur taux global est de 18,6 % pour les locations meublées non professionnelles, la contribution sociale généralisée ayant été portée à 10,6 % sur ces revenus par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, contre 17,2 % pour les revenus fonciers.

Il n’y a rien à inscrire dans la rubrique « revenus à imposer aux prélèvements sociaux » : la soumission est automatique.

La situation change lorsque les recettes annuelles de location de courte durée dépassent 23 000 €. Le loueur doit alors s’inscrire au guichet unique et acquitter des cotisations sociales, selon des modalités qui dépendent du classement du meublé.

Pour les recettes 2026, le loueur d’un meublé de tourisme non classé relève en principe du régime des travailleurs indépendants, sauf option pour le régime général prévue par les articles L. 611-1, 6° et L. 311-3, 35° du code de la sécurité sociale, ouverte lorsque les recettes ne dépassent pas le seuil de l’article 102 ter du code général des impôts.

Celui d’un meublé classé relève du régime micro-entrepreneur, avec la possibilité d’opter pour le régime général, lorsque ses recettes 2026 restent sous 83 600 € et que ses recettes 2024 ou 2025 n’ont pas dépassé 77 700 € ; à défaut, il relève du régime des travailleurs indépendants.

Le chapitre cotisations sociales et Urssaf détaille ces options.

Les revenus ainsi soumis à cotisations ne doivent pas supporter une seconde fois les prélèvements sociaux : ils se déclarent dans les cases dédiées (5NJ, 5NK ou 5NL en micro-BIC, 5NM en régime réel), que l’administration n’assujettit pas aux 18,6 %.

Les autres obligations qui accompagnent la déclaration

La déclaration de revenus n’est que l’une des formalités du loueur. Tout loueur en meublé, professionnel ou non, doit déclarer le début de son activité sur le guichet unique des formalités d’entreprises géré par l’INPI, dans les quinze jours suivant la première location, afin d’obtenir un numéro SIRET. Ce numéro est demandé sur la 2042 C PRO.

L’activité est en principe soumise à la cotisation foncière des entreprises (CFE), dont le montant dépend de la commune. Plusieurs exonérations existent, notamment l’année de création, pour la cotisation minimum sous 5 000 € de recettes et pour la location de l’habitation personnelle, sauf délibération contraire de la commune.

La location est exonérée de TVA, sauf lorsqu’elle s’accompagne de prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, ménage régulier, fourniture du linge et réception de la clientèle) qui l’assimilent à une activité hôtelière, comme l’explique le chapitre TVA et location saisonnière.

S’ajoutent les obligations locales, traitées dans les autres chapitres de ce guide : la déclaration préalable en mairie et le numéro d’enregistrement, généralisés à toutes les communes à l’ouverture du téléservice national, annoncée pour le quatrième trimestre 2026.

S’y ajoutent la limite de 120 jours par an, que la commune peut abaisser à 90, pour la location d’une résidence principale ; et la collecte de la taxe de séjour dans les communes qui l’ont instituée.

Exemple chiffré : 12 000 € de recettes, classé ou non classé

Un loueur non professionnel, imposé dans la tranche marginale à 30 %, encaisse 12 000 € de loyers en 2025 pour un appartement loué en courte durée. Les deux hypothèses ci-dessous ne tiennent pas compte du régime réel, qui peut s’avérer plus favorable lorsque les charges et amortissements dépassent l’abattement.

PosteMeublé non classé (case 5NH)Meublé classé (case 5NG)
Recettes déclarées12 000 €12 000 €
Abattement forfaitaire30 %, soit 3 600 €50 %, soit 6 000 €
Revenu net imposable8 400 €6 000 €
Impôt sur le revenu (TMI 30 %)2 520 €1 800 €
Prélèvements sociaux (18,6 %)1 562 €1 116 €
Total4 082 €2 916 €
Estimation simplifiée : la tranche marginale est appliquée à l’ensemble du revenu locatif, ce qui ne remplace pas le calcul de l’impôt du foyer. Hors CFE, décote et plafonnement du quotient familial.

À recettes identiques, le classement du logement réduit ici la charge fiscale et sociale de 1 166 €, soit près de 10 % des loyers encaissés. Dans cette hypothèse, l’écart justifie d’étudier la procédure de classement, en comparant son coût au gain attendu selon le niveau de recettes ; elle est décrite dans le chapitre meublé classé ou non classé.

Ce que le budget 2027 pourrait changer

Le projet de loi de finances pour 2027, déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026, est en cours d’examen. Les mesures qui suivent ne sont pas applicables à ce stade : elles décrivent le texte déposé et peuvent être modifiées ou supprimées au cours des débats.

Son article 7, intitulé « Réorienter les soutiens publics vers le logement familial et de longue durée », vise le régime réel.

Il prévoit de plafonner chaque année l’amortissement déductible des loueurs en meublé non professionnels, avec un plafond plus bas pour les meublés de tourisme, et de mettre fin au report des amortissements non déduits au titre des exercices clos à compter du 1er janvier 2027.

Les amortissements déjà reportés avant 2027 ne disparaîtraient pas : le texte déposé prévoit qu’ils restent déductibles, dans des limites encadrées, jusqu’en 2036. Des amendements ont été déposés en commission ; leur sort n’est pas connu à la date de mise à jour de cette page, qui sera révisée à la publication de la loi de finances au Journal officiel.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer les frais de ménage et la taxe de séjour collectée ?

Les frais de ménage et de services facturés au voyageur font partie des recettes à déclarer. La taxe de séjour au réel, en revanche, est payée par les voyageurs et collectée pour le compte de la commune : elle ne constitue pas un revenu, et lorsqu’elle est collectée par la plateforme, elle n’apparaît pas dans les sommes versées au loueur.

Si la commune a institué une taxe de séjour au forfait, c’est le loueur qui en est redevable ; lorsqu’il l’intègre à son prix, elle fait partie de ce prix.

Les commissions prélevées par Airbnb sont-elles déductibles ?

En régime micro-BIC, non : l’abattement forfaitaire est réputé couvrir l’ensemble des charges, commissions comprises, et le montant à déclarer est le montant brut avant commission. En régime réel, les commissions constituent une charge déductible au même titre que les autres frais de l’activité.

Que se passe-t-il en cas d’oubli de déclaration ?

L’administration dispose des montants transmis par les plateformes et peut rectifier la déclaration. Les revenus omis sont alors imposés avec les intérêts de retard et, selon les cas, une majoration. Une déclaration rectificative spontanée, déposée depuis l’espace particulier, limite ces conséquences.

Un logement loué à la fois en courte durée et en longue durée relève-t-il de deux cases ?

Oui. Les recettes de la période de location touristique se déclarent en case 5NG ou 5NH selon le classement, et celles de la période de location longue durée en case 5NI. Le classement LMNP ou LMP s’apprécie au niveau du foyer fiscal.

L’accès au micro-BIC répond à des règles distinctes : il faut identifier l’exploitant, les recettes de ses différentes activités et les plafonds qui leur sont applicables. Pour une activité mêlant location touristique et location à l’année, les recettes doivent être ventilées ; la seule séparation des cases déclaratives ne suffit pas à établir l’éligibilité au micro.

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Sources

Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les seuils et taux mentionnés sont ceux publiés par l’administration à la date de mise à jour ; ils peuvent être modifiés par les lois de finances ultérieures.

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