La fonction de co-hôte permet à l’hôte d’une annonce Airbnb de partager sa gestion avec une ou plusieurs personnes : un proche, un voisin qui remet les clés ou un gestionnaire rémunéré. Ses autorisations et ses modalités de versement sont fixées par les conditions publiées par la plateforme.
Le co-hôte agit dans l’outil de la plateforme, mais l’hôte titulaire de l’annonce reste le loueur au regard de la réglementation.
L’essentiel
- Une annonce peut compter jusqu’à dix co-hôtes.
- Airbnb propose trois niveaux d’accès : accès intégral, calendrier et messagerie, ou calendrier seul.
- Seul le titulaire de l’annonce peut définir la part des versements revenant à un co-hôte : frais de ménage, pourcentage, combinaison des deux ou montant fixe.
- En France, un co-hôte rémunéré qui gère de façon habituelle des locations pour autrui peut relever de la loi Hoguet.
Les niveaux d’accès
Selon le centre d’aide d’Airbnb, l’accès intégral permet de gérer l’annonce et ses prix, les réservations, les messages, les demandes d’indemnisation et le tableau de bord des revenus, ainsi que les autorisations des co-hôtes qui ne disposent pas d’un accès intégral. L’accès « calendrier et messagerie » permet d’écrire aux voyageurs et de consulter le calendrier sans le modifier. L’accès « calendrier uniquement » se limite à la consultation.
Les co-hôtes ajoutés avant le 3 mai 2023 disposent par défaut d’un accès intégral. Il peut être utile de vérifier les droits accordés lorsque la gestion change de mains.
Quel niveau d’accès choisir selon les missions ?
Le niveau d’accès se choisit au moment de l’invitation et peut être modifié à tout moment par l’hôte, sans incidence sur les versements déjà paramétrés.
- Un voisin chargé de remettre les clés peut se contenter de l’accès au calendrier.
- Une personne qui répond aux voyageurs et organise les arrivées a besoin de l’accès « calendrier et messagerie ».
- Seul un gestionnaire qui fixe les prix, accepte les réservations et traite les demandes d’indemnisation justifie un accès intégral.
Limiter l’accès aux seules missions confiées réduit les risques d’erreur sur le calendrier ou sur les prix.
Les versements au co-hôte
Selon le centre d’aide d’Airbnb, le titulaire de l’annonce peut attribuer au co-hôte le montant des frais de ménage, un pourcentage de chaque réservation, une combinaison des deux ou un montant fixe ; ces parts sont calculées sur les revenus de l’hôte, après déduction des frais de service. Le co-hôte dispose de 14 jours pour accepter la proposition, et toute modification ne s’applique qu’aux séjours qui commencent après sa confirmation par le co-hôte. Les versements sont ensuite envoyés à l’hôte et au co-hôte, en général avant la fin du jour ouvré qui suit l’arrivée du voyageur.
Les conditions de service propres aux co-hôtes précisent qu’ils sont seuls responsables de leurs obligations fiscales ; l’hôte reçoit pour sa part un document fiscal portant sur le montant total des réservations. La part reversée au co-hôte constitue pour l’hôte un coût de gestion à intégrer au calcul présenté dans le chapitre rentabilité d’une location saisonnière.
Pour l’hôte, le traitement fiscal de cette part dépend de son régime. Au micro-BIC, l’abattement forfaitaire de 30 % ou de 50 % est réputé couvrir toutes les charges, y compris la rémunération du co-hôte ; au régime réel, elle constitue une charge déductible, comme le détaille le chapitre micro-BIC ou régime réel.
Le cadre juridique
En France, la loi Hoguet encadre les opérations de location saisonnière et de gestion réalisées de manière habituelle pour le compte d’autrui.
Le co-hôte n’a pas de statut propre en droit français. Lorsqu’il est rémunéré et exerce de façon habituelle, pour plusieurs propriétaires, des missions de recherche de clients ou de gestion des réservations, il se rapproche de l’activité décrite dans le chapitre conciergerie Airbnb ; un avis juridique est alors recommandé.
Co-hôte bénévole ou co-hôte rémunéré
La loi du 2 janvier 1970 vise les personnes qui, de manière habituelle, prêtent leur concours à des opérations portant sur les biens d’autrui, dont la location saisonnière et la gestion immobilière, selon Entreprendre.service-public. Un proche qui aide ponctuellement l’hôte, sans contrepartie, ne correspond a priori pas à ce profil.
La situation est différente pour un co-hôte qui propose ses services à plusieurs propriétaires contre rémunération et qui fixe les prix, accepte les réservations ou gère les versements.
Si son activité entre dans le champ de la loi Hoguet, il doit détenir une carte professionnelle délivrée pour trois ans par la chambre de commerce et d’industrie, une assurance de responsabilité civile professionnelle et un mandat écrit de chaque propriétaire.
L’exercice sans carte d’une activité soumise à la loi Hoguet est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende. La seule utilisation de l’outil de co-hôte d’une plateforme ne modifie pas cette analyse : c’est la nature des missions qui compte.
Quel statut et quels impôts pour un co-hôte rémunéré ?
La rémunération perçue par un co-hôte est un revenu imposable, distinct des recettes de location de l’hôte. Exercée de façon régulière et indépendante, l’activité de co-hôte constitue une activité professionnelle, qui doit être déclarée auprès du guichet des formalités des entreprises.
Lorsque le co-hôte opte pour le régime de la micro-entreprise, il déclare son chiffre d’affaires à l’Urssaf chaque mois ou, sur demande, chaque trimestre. Il le reporte aussi chaque année dans sa déclaration de revenus, dans la catégorie micro-BIC ou micro-BNC selon la nature de l’activité, précise Entreprendre.service-public.
Un salarié peut exercer cette activité en complément de son emploi, sous réserve des clauses de son contrat de travail. Le co-hôte ne collecte pas la taxe de séjour à la place de l’hôte : Airbnb indique ne pas la collecter pour les co-hôtes, qui ne fournissent pas eux-mêmes l’hébergement.
Co-hôte ou conciergerie : quelles différences ?
Le choix entre un co-hôte et une conciergerie dépend du degré de délégation recherché et des garanties attendues. Le tableau suivant compare trois formules.
| Critère | Co-hôte bénévole | Co-hôte rémunéré | Conciergerie titulaire de la carte |
|---|---|---|---|
| Cadre juridique | Entraide, sans statut | Activité indépendante, loi Hoguet selon les missions | Loi Hoguet : carte, garantie financière, assurance |
| Contrat | Facultatif | Accord écrit recommandé, mandat si la loi Hoguet s’applique | Mandat écrit obligatoire |
| Rémunération | Aucune | Part des versements ou forfait | Honoraires affichés toutes taxes comprises |
| Obligations du loueur | Restent à l’hôte | Restent à l’hôte | Restent au propriétaire |
Dans les trois cas, l’hôte reste le loueur au regard de la commune, de l’administration fiscale et des voyageurs.
Comment encadrer la relation entre l’hôte et le co-hôte ?
Aucun texte n’impose de contrat entre un hôte et un co-hôte qui n’exerce pas d’activité soumise à la loi Hoguet. Un accord écrit reste utile pour éviter les malentendus, notamment lorsque le co-hôte est rémunéré.
- Les missions confiées : messages, accueil, ménage, fixation des prix, gestion des réservations.
- Le niveau d’accès accordé dans l’outil de la plateforme, cohérent avec ces missions.
- La rémunération, en pourcentage ou en montant fixe, et la base de calcul.
- La répartition des tâches réglementaires : fiche de police, affichage du numéro d’enregistrement, suivi du plafond de jours.
- La durée de la collaboration et les modalités de fin.
À la fin de la collaboration, l’hôte retire le co-hôte de l’annonce ; selon Airbnb, ce retrait met fin aux versements de co-hôte, et le co-hôte en est informé.
Co-hôte et règles locales : les points de vigilance
Le co-hôte qui gère le calendrier influe directement sur le respect des règles locales, dont l’hôte reste responsable. Pour une résidence principale, le plafond annuel de location fixé par la commune, compris entre 90 et 120 jours, s’apprécie toutes plateformes confondues ; son dépassement expose à une amende civile pouvant atteindre 15 000 € (article L. 324-1-1, V, du code du tourisme).
La commune peut demander au loueur le nombre de jours loués jusqu’au 31 décembre de l’année suivant la location, avec un délai d’un mois pour répondre. Le co-hôte qui tient le calendrier doit donc pouvoir fournir ces éléments à l’hôte.
Dans tous les cas, un même client ne peut pas totaliser plus de 90 jours consécutifs de location par année civile, et le numéro d’enregistrement doit figurer sur l’annonce lorsque la commune l’exige.
Les obligations de l’hôte
L’ajout d’un co-hôte ne modifie pas les obligations du loueur : déclaration du meublé, numéro d’enregistrement, déclaration des recettes, fiche de police pour les clients étrangers. Elles sont récapitulées dans le chapitre obligations du loueur.
Le co-hôte peut assurer l’accueil et la coordination du ménage. Ces tâches sont présentées dans les chapitres arrivée autonome et ménage et frais de ménage.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un co-hôte Airbnb ?
Un co-hôte est une personne que l’hôte associe à la gestion de son annonce : un proche, un voisin ou un gestionnaire rémunéré. Selon le centre d’aide d’Airbnb, une annonce peut compter jusqu’à dix co-hôtes, avec trois niveaux d’accès. L’hôte reste titulaire de l’annonce et seul loueur au regard de la réglementation.
Comment un co-hôte est-il rémunéré ?
Le titulaire de l’annonce peut lui attribuer, par l’intermédiaire d’Airbnb, le montant des frais de ménage, un pourcentage de chaque réservation, une combinaison des deux ou un montant fixe, que la plateforme lui verse directement. Le co-hôte et l’hôte peuvent aussi convenir d’une rémunération en dehors de la plateforme. Dans tous les cas, cette rémunération est imposable pour le co-hôte.
Un co-hôte doit-il avoir une carte professionnelle ?
Pas nécessairement. La carte est exigée lorsque le co-hôte prête de manière habituelle son concours à des opérations de location saisonnière ou de gestion pour le compte d’autrui, au sens de la loi Hoguet. Un proche qui aide ponctuellement et sans rémunération n’est a priori pas concerné ; en cas de doute, un avis juridique est recommandé.
L’hôte peut-il confier ses obligations au co-hôte ?
Il peut lui confier des tâches matérielles, comme remplir la fiche de police ou préparer le logement. Il reste en revanche responsable de ses obligations légales : déclaration du meublé, affichage du numéro d’enregistrement, respect du plafond de jours, déclaration des recettes. Ces obligations pèsent sur le loueur, même lorsqu’un tiers accomplit les tâches correspondantes.
Comment mettre fin à une collaboration avec un co-hôte ?
L’hôte retire le co-hôte de l’annonce depuis son compte ; le co-hôte peut aussi renoncer lui-même à son statut. Selon Airbnb, le retrait met fin aux versements de co-hôte. Il est prudent de vérifier ensuite les accès restants, comme les codes de boîte à clés ou de serrure connectée.
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Sources
- Entreprendre.service-public, fiche F38657 (activité d’agent immobilier), vérifiée le 1er janvier 2026
- DGCCRF, « L’agent immobilier : les règles qui encadrent la profession », 4 août 2023
- Entreprendre.service-public, fiche F23264 (cumul d’un emploi salarié et d’une activité de micro-entrepreneur), vérifiée le 10 avril 2026
- Service-Public, actualité A18880, « Mettre son logement en location : les règles évoluent en 2026 », 27 juillet 2026
- Service-Public, fiche F33175 (location de sa résidence principale en meublé de tourisme), vérifiée le 21 mai 2026
- Code du tourisme, article L. 324-1-1 (IV et V), version en vigueur depuis le 20 mai 2026, Légifrance
Conditions des plateformes
- Airbnb, centre d’aide, « Ce que les co-hôtes peuvent faire », consulté le 25 octobre 2026
- Airbnb, centre d’aide, « Ajouter des co-hôtes à votre annonce de logement » (jusqu’à 10 co-hôtes), consulté le 25 octobre 2026
- Airbnb, centre d’aide, « Fonctionnement des versements de co-hôte », consulté le 25 octobre 2026
- Airbnb, « Conditions de service supplémentaires relatives aux co-hôtes », article 6 (taxes et impôts), consulté le 25 octobre 2026
Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les règles citées sont celles publiées par l’administration à la date de mise à jour ; elles peuvent évoluer, notamment avec les décrets d’application de la loi du 19 novembre 2024.






