Depuis le 1er janvier 2019, les plateformes qui encaissent les paiements pour le compte de loueurs non professionnels sont tenues de collecter la taxe de séjour au réel et de la reverser aux collectivités. Cette règle a profondément simplifié la tâche des hôtes.
Elle ne la supprime pas entièrement. Les réservations prises hors plateforme, les communes au forfait et certaines démarches locales restent à la charge du loueur.
L’essentiel
- Selon son centre d’aide, Airbnb collecte la taxe de séjour au réel sur les réservations faites sur sa plateforme en France, y compris les taxes additionnelles départementale et du Grand Paris.
- Pour un meublé non classé, Airbnb applique le taux voté par la commune tant que l’hôte n’a pas indiqué la catégorie de son logement.
- Sur les réservations directes, le loueur collecte et reverse lui-même la taxe.
- Une déclaration unique nationale, nommée FARITAS, est expérimentée jusqu’en 2026 avec plusieurs plateformes.
L’obligation de collecte des plateformes
La loi de finances rectificative pour 2017 a généralisé la collecte de la taxe de séjour par voie électronique. À partir du 1er janvier 2019, elle s’impose aux professionnels qui sont intermédiaires de paiement pour le compte de loueurs non professionnels, selon l’administration fiscale.
Au réel, le client paie donc la taxe soit à l’hébergeur, soit au professionnel de la réservation en ligne qui agit pour son compte, lequel la reverse à la commune, selon economie.gouv.fr.
Ce que fait Airbnb
Selon le centre d’aide d’Airbnb, consulté le 25 octobre 2026, la plateforme collecte la taxe de séjour pour les réservations effectuées sur sa plateforme depuis le 1er juillet 2018 et la reverse au nom des hôtes, professionnels ou non. Elle précise que, pour ces réservations, l’hôte n’a plus rien à faire, ni pour la collecte, ni pour le versement, ni pour la déclaration.
La taxe est collectée au moment de la réservation, et non au moment du séjour. Airbnb indique collecter aussi la taxe additionnelle départementale de 10 % et la taxe additionnelle de 15 % du Grand Paris. Ces conditions ne citent pas expressément la taxe additionnelle de 200 % au profit d’Île-de-France Mobilités.
Un hôte parisien qui souhaite vérifier les montants collectés peut interroger la plateforme ou le service de la taxe de séjour de la Ville, et les comparer à la grille présentée dans le chapitre tarifs de la taxe de séjour 2026.
Indiquer la catégorie du logement
Pour calculer la taxe, la plateforme doit connaître le statut du logement. Par défaut, Airbnb applique aux hébergements le taux de 1 % à 5 % défini par la commune pour les meublés non classés. L’hôte d’un meublé classé indique sa catégorie dans l’onglet consacré aux réglementations ; la modification peut prendre jusqu’à 24 heures.
Un hôte classé qui ne renseigne pas sa catégorie risque donc de voir appliquer à ses clients un tarif proportionnel au lieu du tarif fixe de sa catégorie d’étoiles. La procédure de classement est décrite dans le chapitre classement en meublé de tourisme.
Exonérations et vérification des montants sur Airbnb
Les exonérations légales, comme celles des mineurs ou des titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune, s’appliquent quel que soit le canal de réservation. Sur Airbnb, l’hôte ne peut toutefois pas renoncer à la collecte : en acceptant les conditions de la plateforme, il l’autorise à percevoir la taxe en son nom.
Selon ces mêmes conditions, l’hôte qui accepte une réservation renonce à faire valoir une exonération pour ce séjour. S’il estime qu’une exonération légitime s’applique et ne souhaite pas y renoncer, il ne doit pas accepter la réservation ; le voyageur exonéré peut, de son côté, demander un remboursement selon la procédure prévue par la plateforme.
Les montants collectés se consultent dans l’historique des transactions du compte, à la rubrique des revenus bruts, par période. Les conserver permet de répondre à une demande de la commune, qui peut constater des écarts entre les déclarations des plateformes et l’activité réelle des logements.
Combien la plateforme collecte-t-elle ? Deux exemples à Paris
Le montant collecté n’est pas prélevé sur le versement de l’hôte : selon Airbnb, il est calculé automatiquement et ajouté au prix total payé par le voyageur. Il dépend du tarif voté par la commune, de la catégorie déclarée par l’hôte et du nombre de voyageurs majeurs.
À Paris, pour un meublé classé trois étoiles, la taxe s’élève en 2026 à 5,53 € par adulte et par nuit, taxes additionnelles comprises. Un séjour de trois nuits pour deux adultes et un enfant représente donc 2 × 3 × 5,53 € = 33,18 €, l’enfant étant exonéré.
Pour un logement non classé loué 200 € la nuit à deux adultes, le coût par personne est de 100 €. Le taux parisien de 5 % donnerait 5 € de part communale, mais celle-ci est plafonnée à 4,90 €, soit 15,93 € par adulte et par nuit avec les taxes additionnelles. Ces calculs s’appuient sur la grille publiée par economie.gouv.fr.
| Hébergement | Montant total |
|---|---|
| Meublé 1 étoile | 2,60 € |
| Meublé 2 étoiles | 3,25 € |
| Meublé 3 étoiles | 5,53 € |
| Meublé 4 étoiles | 8,45 € |
| Meublé 5 étoiles | 11,70 € |
| Non classé | 5 % du prix HT par personne, plafonné à 15,93 € |
Les réservations directes et les autres plateformes
Pour les réservations prises en direct, le loueur reste responsable de la collecte. La Ville de Marseille distingue ainsi les locations réalisées exclusivement par des plateformes, pour lesquelles la plateforme collecte et reverse, et la location directe, pour laquelle le loueur collecte, déclare et paie en ligne.
Lorsque la plateforme collecte la taxe, le loueur ne doit pas la réclamer une seconde fois au client pour la même réservation. Un loueur qui combine plusieurs canaux doit donc distinguer les réservations selon leur origine, comme l’explique le chapitre louer en direct.
Chaque plateforme applique ses propres modalités. Il appartient au loueur de vérifier, dans les conditions de chacune, si elle collecte la taxe dans sa commune.
Les démarches locales qui subsistent
Certaines collectivités demandent aux loueurs de créer un compte sur leur portail, même lorsque toutes les réservations passent par des plateformes. La Ville de Marseille l’exige, et la Ville de Bordeaux demande au propriétaire de faire sa déclaration sur le site de la Métropole. Il convient donc de consulter le portail de sa commune.
Le tarif applicable se vérifie à l’aide du chapitre tarifs de la taxe de séjour 2026, et les autres obligations du loueur sont récapitulées dans le chapitre obligations du loueur.
Quand les plateformes reversent-elles la taxe aux communes ?
Les plateformes intermédiaires de paiement reversent la taxe collectée au plus tard le 30 juin et le 31 décembre de chaque année. Le reversement est accompagné d’une déclaration détaillée : dates de séjour et de perception, adresse de l’hébergement, nombre de personnes et de nuitées, montant perçu, numéro d’enregistrement et motifs d’exonération.
Ces déclarations ne sont pas toujours complètes. Une question écrite publiée au Journal officiel du 24 février 2026 relève ainsi, pour une intercommunalité, un reversement hors délai et un état déclaratif dépourvu de certains numéros d’enregistrement et adresses.
Les collectivités disposent désormais d’un outil de contrôle supplémentaire. Selon la Direction générale des entreprises, depuis la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, les données d’activité transmises par les plateformes à l’API meublés, qui comprennent le nombre de jours de location et l’adresse des logements, peuvent être utilisées pour les contrôles de la taxe de séjour.
Pour le loueur, la conséquence est pratique : un numéro d’enregistrement exact sur l’annonce et une catégorie correctement déclarée conditionnent la bonne affectation de la taxe à sa commune. Le fonctionnement des autres plateformes est comparé dans le chapitre Airbnb, Booking ou Abritel.
La déclaration unique nationale
La loi de finances pour 2024 a prévu l’expérimentation d’une déclaration unique de la taxe de séjour à l’échelle nationale. Le service, nommé FARITAS, permet aux plateformes volontaires de déposer une seule déclaration au lieu d’une par collectivité.
Le site du service cite parmi les participants Abritel, Holidu, Mister B&B, Cocoonr, Happy’MR, Guest Adom et Gîtes de France. L’expérimentation couvre la période 2024 à 2026, avant une généralisation annoncée pour 2027. Airbnb ne figure pas dans cette liste.
Questions fréquentes
L’hôte Airbnb doit-il déclarer la taxe de séjour à sa mairie ?
Pour les réservations faites sur la plateforme, la collecte, le reversement et la déclaration sont assurés par Airbnb, selon son centre d’aide. Certaines collectivités demandent néanmoins aux loueurs de créer un compte sur leur portail, même lorsque toutes les réservations passent par des plateformes. Il convient donc de consulter le site de sa commune.
Que faire si Airbnb applique un mauvais tarif ?
Vérifier notamment la catégorie du logement : un meublé classé dont la catégorie n’a pas été renseignée se voit appliquer le taux proportionnel des meublés non classés. L’hôte corrige l’information dans l’onglet consacré aux réglementations de son annonce ; selon Airbnb, la modification peut prendre jusqu’à 24 heures. Il contrôle aussi le tarif voté par sa commune et le nombre de voyageurs majeurs pris en compte.
Faut-il mentionner la taxe de séjour sur la facture d’une réservation directe ?
Oui. Lorsque la taxe est perçue au réel, le loueur la fait figurer sur la facture ou la note, distinctement du prix de l’hébergement, et la perçoit avant le départ du client. Les mentions à porter sur ce document sont détaillées dans le chapitre facture de location saisonnière.
La taxe de séjour réduit-elle les revenus versés à l’hôte ?
Non. La taxe est payée par le voyageur, en plus du prix de la réservation. Airbnb indique qu’elle est calculée automatiquement et ajoutée au montant total réglé par le client, sans diminuer le versement de l’hôte. Dans une commune au forfait, en revanche, la taxe reste due par le loueur lui-même.
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Sources
- impots.gouv.fr, « Taxe de séjour : généralisation de la collecte par voie électronique par des professionnels », 14 décembre 2018
- Entreprendre.service-public, fiche F743 (obligations de l’hébergeur en matière de taxe de séjour), vérifiée le 1er janvier 2026
- Ville de Marseille, « La taxe de séjour »
- Ville de Bordeaux, « Location touristique à Bordeaux : guide pour les propriétaires », mise à jour le 18 février 2026
- FARITAS, service de déclaration unique de la taxe de séjour (beta.gouv.fr)
- economie.gouv.fr, « Taxe de séjour : quelles sont les obligations des hébergeurs ? », 15 janvier 2026
- Assemblée nationale, question écrite n° 13144 (reversement de la taxe de séjour par les plateformes, article L. 2333-34 du CGCT), JO du 24 février 2026
- Direction générale des entreprises, « L’API meublés, guichet unique de centralisation », mise à jour le 23 juillet 2026
- economie.gouv.fr, « Tourisme : comment fonctionne la taxe de séjour ? », 20 juillet 2026
- Entreprendre.service-public, fiche F31635 (tarifs de la taxe de séjour), vérifiée le 1er janvier 2026
Conditions des plateformes
Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les règles citées sont celles publiées par l’administration à la date de mise à jour ; elles peuvent évoluer, notamment avec les décrets d’application de la loi du 19 novembre 2024.






