La taxe de séjour est une taxe facultative perçue par les communes touristiques et certaines intercommunalités. Elle finance notamment les dépenses liées à la fréquentation touristique. Lorsqu’elle est instituée, elle s’applique à tous les hébergements marchands, meublés de tourisme compris.
Le loueur n’en est pas le redevable final lorsqu’elle est perçue au réel : il la collecte auprès de ses clients et la reverse. Cette mission revient toutefois aux plateformes de réservation lorsqu’elles interviennent comme intermédiaires de paiement pour le compte de loueurs non professionnels.
L’essentiel
- La commune ou l’intercommunalité choisit entre la taxe au réel, payée par chaque client, et la taxe forfaitaire, payée par le logeur.
- Les mineurs, les travailleurs saisonniers employés dans la commune et les personnes relogées en urgence en sont exonérés.
- Au réel, la taxe est perçue avant le départ du client et apparaît sur la facture, distinctement du prix.
- Un retard de reversement entraîne un intérêt de 0,20 % par mois.
Qui institue la taxe
La taxe est instituée par délibération de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale. La délibération doit être prise avant le 1er juillet pour s’appliquer au 1er janvier de l’année suivante. Elle fixe le régime, les tarifs dans les limites légales et le calendrier de reversement.
Les tarifs votés sont transmis à l’administration fiscale, qui les publie sur un site de consultation par commune. Le chapitre tarifs de la taxe de séjour 2026 présente le barème national.
Taxe au réel ou taxe forfaitaire
Au réel, la taxe est due par chaque personne hébergée qui n’est pas domiciliée dans la commune. Son montant est égal au tarif applicable multiplié par le nombre de nuitées et de personnes. Service-Public donne l’exemple de deux adultes séjournant deux nuits, avec un tarif de 1 € : la taxe s’élève à 4 €.
Au forfait, la taxe est due par le logeur, quel que soit le nombre de clients réellement accueillis.
Elle est calculée sur la capacité d’accueil du logement, après un abattement compris entre 10 % et 80 % décidé par la collectivité, multipliée par le nombre de nuitées de la période d’ouverture. Le guide de la DGCL mentionne aussi la possibilité d’un régime mixte.
Deux exemples de calcul au réel
Soit une commune dont la délibération fixe 1,50 € pour un meublé classé trois étoiles, majoré de la taxe départementale de 10 %. Deux adultes et un enfant y séjournent quatre nuits. L’enfant mineur étant exonéré, la taxe porte sur huit nuitées-personnes : 8 × 1,65 € = 13,20 €.
Soit maintenant un meublé non classé, loué 150 € hors taxes la nuit aux mêmes voyageurs, dans une commune qui a voté un taux de 5 %. Le coût de la nuitée par personne s’obtient en divisant le prix par le nombre d’occupants, mineurs compris : 150 € ÷ 3 = 50 €.
La part communale est de 2,50 € par adulte et par nuit, soit 2,75 € avec la taxe départementale, dans la limite du plafond voté par la commune. Pour quatre nuits : 2 × 4 × 2,75 € = 22,00 €.
Ces montants sont fictifs ; les tarifs réels se vérifient dans la délibération de la commune. Au forfait, ce calcul ne s’applique pas : le logeur paie un montant fondé sur la capacité d’accueil, quel que soit le nombre de voyageurs.
Un exemple de calcul au forfait
Au forfait, le logeur dépose en mairie une déclaration au moins un mois avant chaque période de perception. Elle indique notamment la nature de l’hébergement, sa période d’ouverture, sa capacité d’accueil, son adresse, le montant dû et, le cas échéant, son numéro d’enregistrement.
Soit un meublé classé deux étoiles d’une capacité de dix personnes, ouvert 120 nuits pendant la période de perception, dans une commune qui a voté un tarif de 1,00 € et un abattement de 40 %.
La capacité retenue est de six personnes, et la taxe annuelle s’élève à 1,00 € × 6 × 120 = 720 €, que le logement ait été plein ou non. Ces chiffres sont fictifs.
Le tarif applicable
Pour un meublé classé, la collectivité fixe un tarif par catégorie d’étoiles, compris entre un minimum et un maximum nationaux. Pour un meublé non classé, le tarif est proportionnel : entre 1 % et 5 % du coût par personne de la nuitée, hors taxes, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité.
Le classement modifie donc le mode de calcul : il substitue un montant fixe à un pourcentage du prix.
Les exonérations
Sont exonérées de la taxe de séjour, selon Service-Public :
- les personnes mineures ;
- les titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune ;
- les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence ou d’un relogement temporaire ;
- les personnes occupant un local dont le loyer est inférieur à un montant fixé par le conseil municipal.
Le conseil municipal ne peut pas exonérer une catégorie d’hébergement payant, précise Service-Public.
Les taxes additionnelles
Le département peut instituer une taxe additionnelle de 10 %, recouvrée par la commune pour son compte. En Île-de-France, s’y ajoutent une taxe de 15 % au profit de la Société des grands projets et, depuis 2024, une taxe de 200 % au profit d’Île-de-France Mobilités, instituée par la loi de finances pour 2024.
Dans d’autres territoires, une taxe additionnelle de 34 % finance de grands projets ferroviaires. Elle s’applique notamment depuis le 1er janvier 2023 dans les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes, et depuis le 1er janvier 2024 sur le territoire de Bordeaux Métropole, selon les collectivités concernées.
Les obligations du loueur
Le tarif de la taxe doit être affiché chez le logeur. Au réel, le loueur perçoit la taxe avant le départ des personnes hébergées et la fait figurer sur la facture, distinctement du prix de la location. Au forfait, la mention « taxe de séjour forfaitaire comprise » est facultative. Le chapitre facture et note précise ces mentions.
Le produit est reversé au comptable public, aux dates fixées par la collectivité, en un ou plusieurs versements par an. La périodicité varie : à Paris, par exemple, la déclaration est mensuelle et le paiement trimestriel depuis le 1er avril 2025.
Lorsque la réservation passe par une plateforme intermédiaire de paiement pour le compte d’un loueur non professionnel, c’est elle qui collecte et reverse la taxe au réel. Pour un loueur professionnel, la collecte par l’intermédiaire suppose une habilitation : il faut la vérifier. Le partage des rôles est détaillé dans le chapitre taxe de séjour et Airbnb. En location directe, la collecte reste à la charge du loueur.
Comment déclarer et reverser la taxe de séjour ?
Des collectivités, notamment de grandes villes, ont ouvert un portail en ligne sur lequel le loueur crée un compte hébergeur, déclare les nuitées perçues et règle la taxe. Le calendrier est fixé par chaque délibération ; deux exemples permettent d’en mesurer la diversité.
La Métropole de Lyon et Bordeaux Métropole retiennent une déclaration trimestrielle, à valider avant le 20 avril, le 20 juillet, le 20 octobre et le 20 janvier de l’année suivante. À Lyon, un avis de sommes à payer est ensuite adressé par voie postale sous trois à quatre semaines, et doit être réglé dans les 30 jours suivant sa réception.
À Marseille, le loueur crée un compte sur le portail de la taxe de séjour ; pour une location hors plateforme, il collecte la taxe, la déclare dans son espace et la paie en ligne par carte bancaire. À Paris, la déclaration est mensuelle et le paiement trimestriel.
Les plateformes intermédiaires de paiement reversent, quant à elles, la taxe collectée au plus tard le 30 juin et le 31 décembre de chaque année, avec une déclaration détaillée par hébergement : dates de séjour, adresse, nombre de personnes et de nuitées, montant perçu et numéro d’enregistrement.
| Collectivité | Déclaration | Paiement |
|---|---|---|
| Paris | Mensuelle | Trimestriel |
| Métropole de Lyon | Trimestrielle, avant le 20 du mois suivant le trimestre | Sur avis de sommes à payer, sous 30 jours |
| Bordeaux Métropole | Trimestrielle, avant le 20 du mois suivant le trimestre | Selon les modalités du portail |
| Plateformes (loueurs non professionnels) | Déclaration détaillée | Au plus tard le 30 juin et le 31 décembre |
Retard et défaut de reversement
En cas de retard de paiement, un intérêt de 0,20 % par mois est dû. En l’absence de déclaration, la collectivité adresse une mise en demeure, puis peut procéder à une taxation d’office. Un avis motivé est alors envoyé au loueur au moins 30 jours avant la mise en recouvrement.
Questions fréquentes
Le loueur doit-il payer la taxe de séjour de sa poche ?
Au réel, non : la taxe est payée par le client, en plus du prix de la nuitée, et le loueur se borne à la collecter et à la reverser.
Au forfait, en revanche, le loueur est lui-même redevable, quel que soit le nombre de clients accueillis. Il peut répercuter ce coût dans son prix, la facture pouvant alors porter la mention « taxe de séjour forfaitaire comprise ».
La taxe de séjour est-elle soumise à la TVA ?
Non. Selon economie.gouv.fr, la taxe de séjour perçue au réel n’est pas soumise à la TVA. Elle figure sur la facture distinctement du prix de l’hébergement, qui supporte seul, le cas échéant, la TVA. Le régime de la TVA en location saisonnière est présenté dans le chapitre TVA et location saisonnière.
Un meublé en attente de classement paie-t-il le tarif fixe ?
Non. Tant que la décision de classement n’est pas intervenue, l’hébergement est traité comme un meublé non classé : la taxe est calculée en pourcentage, entre 1 % et 5 % du coût par personne de la nuitée hors taxes, selon le taux voté par la commune. Le tarif fixe de la catégorie s’applique une fois le classement obtenu.
Faut-il collecter la taxe de séjour en louant sa résidence principale ?
Oui, si la commune a institué la taxe. Elle s’applique à tous les meublés de tourisme, que le logement soit la résidence principale du loueur ou non. Seules les exonérations prévues par la loi, comme celle des mineurs, permettent d’échapper à la taxe au réel. Les autres démarches sont présentées dans le chapitre déclaration en mairie.
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Sources
- Entreprendre.service-public, fiche F31635 (tarifs de la taxe de séjour), vérifiée le 1er janvier 2026
- Entreprendre.service-public, fiche F743 (obligations de l’hébergeur en matière de taxe de séjour), vérifiée le 1er janvier 2026
- Direction générale des collectivités locales, « Guide pratique – Les taxes de séjour », 8e édition, 2026
- Direction générale des collectivités locales, page « Taxe de séjour »
- economie.gouv.fr, « Taxe de séjour : quelles sont les obligations des hébergeurs ? », 15 janvier 2026
- economie.gouv.fr, « Tourisme : comment fonctionne la taxe de séjour ? », 20 juillet 2026
- Ville d’Aix-en-Provence, « Instauration de la taxe de séjour additionnelle régionale », 25 août 2025
- Bordeaux Métropole, portail de la taxe de séjour
- Loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, article 140 (taxe additionnelle de 200 % au profit d’Île-de-France Mobilités), Légifrance
- Ville de Paris, portail de la taxe de séjour, « Les tarifs de la taxe de séjour en vigueur à Paris à partir du 1er janvier 2027 » (grille identique à 2026)
- Code général des collectivités territoriales, article L. 2333-34, I et II, Légifrance
- Métropole de Lyon, portail de la taxe de séjour (calendrier de déclaration trimestriel)
- Ville de Marseille, « La taxe de séjour »
- Assemblée nationale, question écrite n° 13144 (reversement de la taxe de séjour par les plateformes, article L. 2333-34 du CGCT), JO du 24 février 2026
Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les règles citées sont celles publiées par l’administration à la date de mise à jour ; elles peuvent évoluer, notamment avec les décrets d’application de la loi du 19 novembre 2024.






